Retraite, PER et épargne salariale : préparer ses revenus futurs en réduisant ses impôts
Le plan d’épargne retraite (PER), créé par la loi Pacte en 2019, a unifié les anciens produits d’épargne retraite (PERP, Madelin, article 83, PERCO) en une enveloppe unique, plus souple et plus lisible. Son principe : les versements sont déductibles du revenu imposable dans la limite d’un plafond annuel, l’épargne fructifie sans fiscalité jusqu’à la retraite, puis elle est récupérée en capital, en rente ou en combinaison des deux. À côté du PER individuel, l’épargne salariale et les PER collectifs mis en place par les entreprises complètent le dispositif.
Comment fonctionne le PER individuel ?
Chaque contribuable dispose d’un plafond de déduction égal à 10 % de ses revenus professionnels de l’année précédente, dans la limite d’un montant maximal révisé chaque année, avec un plancher pour les faibles revenus ; les plafonds non utilisés des trois années précédentes sont reportables, et les travailleurs non salariés bénéficient d’un plafond majoré. L’économie d’impôt est proportionnelle à la tranche marginale d’imposition : le PER est d’autant plus intéressant que l’on est fortement imposé pendant la vie active et que l’on anticipe une tranche plus basse à la retraite. Les versements non déduits, sur option, permettent en contrepartie une sortie en capital moins fiscalisée.
Sortie en capital ou en rente, et cas de déblocage anticipé
- À la retraite : sortie libre en capital, en une fois ou fractionnée, en rente viagère ou en mélange des deux. Le capital issu de versements déduits est imposé au barème, les gains au prélèvement forfaitaire unique.
- Avant la retraite : déblocage anticipé possible pour l’achat de la résidence principale, ainsi qu’en cas d’accident de la vie (invalidité, décès du conjoint, surendettement, fin de droits au chômage, cessation d’activité non salariée).
- En cas de décès : le PER assurantiel bénéficie d’un régime successoral proche de celui de l’assurance-vie, à condition que le décès intervienne avant 70 ans.
L’épargne salariale : PEE, PERCOL et abondement
Le plan d’épargne entreprise (PEE) et le PER collectif (PERCOL) accueillent l’intéressement, la participation et les versements volontaires des salariés, souvent complétés par un abondement de l’employeur pouvant tripler la mise. Les sommes issues de l’intéressement et de la participation placées sur ces plans sont exonérées d’impôt sur le revenu. Le PEE est bloqué cinq ans, le PERCOL jusqu’à la retraite, avec des cas de déblocage anticipé similaires à ceux du PER individuel. Pour le salarié, c’est souvent le placement le plus rentable qui soit, grâce à l’abondement ; pour l’employeur, un outil de fidélisation fiscalement et socialement avantageux.
Bien choisir et gérer son PER
Comparez les frais, sur versement, de gestion et d’arbitrage, l’univers d’investissement (fonds, ETF, SCPI, private equity) et la qualité de la gestion pilotée à horizon, qui sécurise progressivement l’épargne à l’approche de la retraite. Les PER bancaires, en compte-titres, et les PER assurantiels, avec fonds en euros et avantages successoraux, répondent à des besoins différents. Un transfert d’un ancien contrat Madelin ou PERP vers un PER est possible et souvent pertinent. Assureurs, gestionnaires et plateformes de retraite sont recensés dans l’annuaire filtré sur la retraite et le PER.
Questions fréquentes sur le PER et l’épargne retraite
Le PER est-il intéressant si je paie peu d’impôts ?
L’avantage fiscal à l’entrée est faible pour les contribuables peu ou pas imposés. Ils ont intérêt à opter pour des versements non déduits, qui donnent droit à une sortie en capital exonérée sur la part des versements, ou à privilégier l’assurance-vie, plus liquide.
Peut-on récupérer son PER pour acheter sa résidence principale ?
Oui, c’est l’un des cas de déblocage anticipé prévus par la loi pour les versements volontaires et l’épargne salariale, mais pas pour les versements obligatoires de l’employeur. Le capital retiré est alors imposé selon les règles de la sortie en capital.
Que devient le PER en cas de décès avant la retraite ?
Pour un PER assurantiel, le capital est versé aux bénéficiaires désignés avec un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire si le décès survient avant 70 ans ; pour un PER bancaire, il entre dans la succession. Après 70 ans, le régime est moins favorable.
Ces informations sont fournies à titre pédagogique et ne constituent pas un conseil en investissement.













































